The Rev'
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10/10/2026
BACK TO WORK!
01/10/2026
25/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°182 : J.J. JACKSON : « But it’s allright/ Ain’t too proud to beg » original France 1969
Quelle chance, je tombe sur une pochette graphitée ! Et quelle réussite ; un immense phylactère sort de la bouche de J.J pour lancer à la face du monde un bon gros « jerk » écrit au feutre rouge. En 1969, donc, il est toujours de mise de pratiquer le jerk. Dieu, que les choses étaient lentes avant 1980, le monde tournait certes en 45 tours par minute, mais c’est tout de même beaucoup moins rapide que les 45 mégaoctets téléchargés dans le même temps aujourd’hui. On pouvait donc, sans ridicule, qualifier de jerk un disque de soul sorti en 1969, c’est merveilleux. Surtout lorsqu’il s’agit d’un colossal morceau du monumental J.J. Jackson, qui bénéficie en plus ici d’un pressage français époustouflant ; que fait donc le temps à l’affaire ? Rien, bien entendu, car sans l’attente frustrante de la petite rondelle noire, impossible de ressentir l’excitation presque animale qui se déclenche au moment où la pointe de lecture se pose sur l’amorce du vinyle, avant qu’une guitare ne vienne cisailler les tweeters des enceintes, et mes tympans par la même occasion. Comme c’est bon de souffrir ainsi ! Surtout qu’au milieu de ce groove infernal et assourdissant, J. J ne semble jamais forcer sa voix, non, il l’envoie avec une force tranquille, 300 livres de soul et de joie. Et j’oubliais de vous parler du solo de vibraphone : je ne goûte que très peu cet instrument (je déteste globalement le Modern Jazz Quartet), mais je ne l’ai jamais entendu sonner comme ici, tout dans les hauts médiums, percussif, presque aussi agressif qu’un solo de guitare ! Alors, après ça, j’ai tellement hâte d’écouter la face B, une reprise du classique des Temptations. Elle démarre du feu de Dieu, mais… justement, manque la parole céleste, puisque J.J ne daigne pas chanter sur cette face, l’autre côté a dû le laisser épuisé, et puis, ce devait certainement être un dimanche, jour du Seigneur, et du repos bien mérité…
https://youtu.be/cBW9Gt2ha44?si=caEz8-K54MS-_pfz
22/09/2026
Nouveau disque et nouveau livre chez Mono-Tone Records, et approuvé par The Rev !
Dévoré en une soirée, plus une partie de la nuit, "Le renoncement" vous prend par le col pour ne plus vous lâcher.
Ce premier roman est aussi le meilleur de la rentrée, ne vous fatiguez plus à suivre l'actualité littéraire, c'est un disquaire qui vous le dit.
Et justement, pour les feignasses ou les analphabètes, Didier Balducci (a.k.a Memphis Mao) a pensé à tout : la version audio du livre est également disponible en vinyle, avec moins de mots et plus de musique.
Les deux sont en vente au magasin, évidemment…
18/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°181 : JIM JONES REVUE « High Horse », original UK 2010 (Concerts Beauvais & Reims, 14 & 15 Janvier 2010)
Ça fait drôle de retrouver Jim Jones Revue à Beauvais, prés de chez soi.
On s’est tellement habitués à faire en moyenne 500 bornes pour aller les voir que c’est presque gênant de les savoir si près. De ne pas devoir payer le prix suffisant, le rituel, le sacerdoce. S’enfiler des bornes sur des autoroutes hors de prix, se taper des festivals à la programmation consensuelle et chiante, subir des premières parties hors de propos.
Celle de ce soir-là ne l’est pas dans la forme, mais dans le fonds, si. Un duo guitare-batterie codifié bien comme il faut avec la référence grosse comme une montagne aux Black Keys. Mais, comme on dit, c’est une montagne qui accouche d’une souris.
C’est juste qu’on est pas venus pour ça, on est venus voir la messe, nous. L’Agent secret est déjà dans la place depuis l’après-midi : soundcheck avec la Revue donc, et repas aussi.
Scoop : pendant les balances, les J.J. sont habillés à peu près comme tout le monde, sauf Jim qui arbore tout de même un joli foulard au dessus de son pull.
Confirmation : comme tous les groupes qui tournent beaucoup, ils supervisent tout et se prennent la tête avec les techniciens locaux qui tiennent absolument à mettre des compresseurs partout et à bien faire fonctionner leur limiteur à 105 dBs.
Vive la France.
Résultat, le son du concert sera très pénible, le sonorisateur essayant vainement de faire sortir la voix, un solo de guitare ou de piano, à travers un système de son carrément bridé. D’où des crêtes brutales qui auront fait fuir une partie du public, celle-là même qui dira ensuite que c’est la faute du groupe.
Que nenni : si l’on se colle à la scène, là où ça se passe, le son est correct, bien fort comme il faut. Manque juste la voix, puisque le technicien retour ne veut absolument pas monter le potentiomètre du volume.
Vive la Picardie.
On rentre donc frustrés, mais toujours confiants.
Le lendemain, c’est la Ch*****ne, à Reims, et on retrouve nos rituels chéris.
Faire un aller-retour de 400 bornes dans la même soirée, voilà, c’est comme poser un cierge à l’église et réciter quinze Pater à genoux.
Et puis, est-ce le ch*****ne offert par le Président Jack (pas Chirac, l’autre) ou le concert en demi-teinte de la veille, mais toujours est-il que ce soir, Jim Jones tient sa revanche et ne la lâche pas, sortant le grand jeu, et laissant la salle à genoux.
L’Agent Secret félicite ses protégés, la Sœur du Mécontent danse le stroll, et le Président Jack arrose tout le monde.
Pénitence et rédemption, doute et confirmation, crainte et tremblement, c’est beau comme du Kierkegaard.
Vive le rock’n’roll !
https://youtu.be/fJJTFuFlUtE?si=e8uoQXrerwKINVjD
12/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°180 : TEN YEARS AFTER « Sweet little sixteen / She lies in the morning » , original promo France 1970
« Watt », sixième album de Ten Years after, sort en décembre 70.
La filiale française de Decca ne se donne même pas la peine d’attendre les épreuves définitives de la pochette et sort le disque sous un artwork improvisé, une photo de scène en noir en blanc avec un tampon proclamant pompeusement : « pochette avant-première » !
Le France de Pompidou n’en a pas grand-chose à carrer, de l’esthétique du rock.
Ni du rock, d’ailleurs.
Et c’est bien comme ça.
Un an plus t**d, j’achète l’album au magasin d’électro-ménager de mon village (!), avec la bonne pochette, celle aux couleurs étrangement solarisées, et surtout, la reprise décoiffante de « Sweet little sixteen » glissée en fin de face 2, enregistrée à l'île de Wight en été 70. Un boucan d’enfer, un magma sonore, tout ce qu’il faut pour trépigner et rêver. Le rock'n'roll entre dans ma chambre, et dans ma vie.
Un autre soir, beaucoup plus t**d , un jeudi de janvier 2010, je vais voir Jim Jones Revue en concert.
Nous sommes seulement quelques dizaines à trépigner sur leur version de « Good Golly Miss Molly » et à admirer leur élégance de bandits déglingués.
La France de Sarkozy n’en a rien à carrer de l’esthétique du rock.
Ni du rock, d’ailleurs.
Et c’est bien comme ça.
Aujourd’hui, j’apprends qu’un 45 tours promo est sorti en 1970 comportant la version explosive de « Sweet little sixteen ». Encore une autre quête, de quoi continuer à rêver un peu plus…
https://youtu.be/99d5sChYfYQ?si=okDw5Y2GZETed5xW
08/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°179 : The FOUR TOPS « Stillwater (love) / Stillwater (peace) », Original USA 1970
Ah la période psychédélique des Four Tops ! Cette fois-ci ce n’est pas Norman Whitfield à la production, mais un dénommé Frank Wilson, qui s’en sort d’ailleurs très bien.
« Stillwater » est le titre de l’album éponyme, mais c’est d’abord et surtout un énorme morceau, une ballade soul de toute beauté.
Et la grande idée de ce 45 tours, c’est de presser d’un côté la version « Love », et de l’autre, la version « Peace » (dommage qu’ils n’aient pas fait un EP 4 titres, on aurait peut-être eu les versions « S*x » et « War »… mais j’en doute !).
Bon, pour un peu, on pourrait penser qu’ils n’ont fait cet album QUE pour ces deux morceaux, qui ouvrent et terminent le 33 tours. Ce single est donc parfait : plutôt que de s’enfiler huit morceaux entre les deux versions, il suffit de retourner la galette ! Pour découvrir aussitôt la version « Peace » qui n’est pas un gadget, mais une interprétation presque planante de la chanson…
Paradisiaque !
https://youtu.be/YSi9DJAgarw?si=eRDCezucsN8OWkyc
https://youtu.be/3h4amHyrhCs?si=AdgNbqLE2enqtXDx
04/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°178 : PRETENDERS « Louie Louie (stereo) / Louie Louie (mono) », Original promo USA 1981
Placé en clôture du second album des « Simulateurs », ce morceau relativement anecdotique se retrouve bizarrement choisi par les Américains du Nord comme single promo. Je veux dire, à côté de hits du calibre de « Talk of the town » ou « Message of love », ou même du monumental « The adultress » en intro, ce repompage des accords de « Midnight hour » saupoudré de divers autres emprunts fait plutôt pâle figure dans l’album. Mais sur un single, c’est une petite bombe. Déjà, le pressage US, compact, rugueux, brutal. Et en plus la version mono, qui double l’effet de puissance (à l’inverse de la stéréo, oui, oui), délivre un truc garage punk, qui hors du contexte de l’album , est une déflagration salvatrice et pacifique.
Normal, quand c’est une femme qui est aux commandes d’un groupe de rock, et qu’elle s’appelle Chrissie Hynde !
https://youtu.be/lCJekcg-TxA?si=6_iwkdPeWZrFlMCQ
01/09/2026
45 TOURS DE REV’ N°177 : HOWLIN’ WOLF « I ain’t superstitious / Just like I treat you », original USA 1962
Bon, alors devinez quoi, ce matin à 8h35, je reçois un message de Howlin’ Wolf.
Howlin’ Wolf ?
Howlin’ Wolf !
Le type qui peut exploser un micro rien qu’en soufflant dessus ?
Le professeur de chant attitré de Captain Beefheart?
Lui même.
Rendez-vous compte, grâce à un simple réseau social, j'ai la chance de recevoir un message de ce gars.
J'vous jure, c'est écrit dans ma boite mail :
« Howlin’ Wolf t'a envoyé un message » (Ouais, parce que dans le réseau social on se tutoie, c'est plus cool, p*s sinon, ça serait pas social, tu vois...)
Donc, Howlin’ Wolf, de son vrai nom Chester Burnett, m'écrit, et en plus vous savez quoi ? il m'invite au lancement de son site web !
Vachement sympa, je trouve.
Le plus fort, c'est qu'il est mort, Chester.
Dead, trépassé, bouffé par les vers depuis un bout de temps.
Mais le réseau social repousse la mort.
Le réseau social relie les morts aux vivants.
Le réseau social, c'est mortel.
Pour fêter ça, je ressors mon vieux 45 tours de 1962, celui où le Loup clame à tout va qu’il n’est pas superstitieux pour un sou, mais quand même, si un chat noir traverse la route devant lui, il change de chemin.
Et je peux vous dire que sur l’électrophone Barthe (de Paris), le haut-parleur palpite salement, comme un cœur au bord de l’explosion, mais qui résiste vaillamment.
https://youtu.be/aIkwAoWqE6E?si=D9wS8-IUY0cjbDd1
28/08/2026
45 TOURS DE REV’ N°176 : Jimmy REED : « Out skirts of town***/ St Louis blues » pressage USA 1963
Sur la face A, quand Jimmy chante qu’il va se bouger vite fait pour fo**re le camp à l’autre bout de la ville, on se demande juste COMMENT il va bien pouvoir se lever, vu le ton complètement décalqué de sa voix. Mais tant bien que mal, il arrive au bout du morceau, ce qui est déjà une forme d’exploit. A sa décharge, il n’est pas du tout aidé, ou bien alors il est remarquablement accompagné, ça dépend du point de vue (ou du nombre de verres qu’ils se sont enfilé tous les deux), par un batteur qui joue constamment tout au fond du temps, accentuant l’effet de claudication permanent, au bord du déséquilibre.
Un 45 tours idéal pour tenter d’esquisser un pas de danse en fin de soirée…
https://youtu.be/UCHyrEqo51U?si=ba5Wp85TE6LQ-5Xe
https://youtu.be/c5KHrD4iH10?si=bMeWTD6uukn7MZ-I
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