WorldMeet Mag

WorldMeet Mag

Share

Nous croyons en une Afrique, continent d’avenir, que l’Occident ne cesse de convoiter — non pas pour son progrès, mais pour mieux l’exploiter.

20/09/2026

Poutine : « Le système néocolonial arrive-t-il à sa fin ? »

Pour Vladimir Poutine, l’Occident chercherait à préserver un ordre international fondé sur des rapports de domination et des inégalités économiques. Cette rhétorique antinéocoloniale occupe effectivement une place importante dans le discours russe depuis 2022.

Au-delà de la polémique, une question demeure : le monde est-il réellement en train de passer d’un ordre dominé par quelques puissances à un système plus multipolaire ? Le débat est désormais ouvert, et les pays du Sud entendent de plus en plus faire entendre leur propre voix.

20/09/2026

19 SEPTEMBRE 1960 : LA NUIT OÙ CASTRO ET MALCOLM X FIRENT TREMBLER HARLEM

New York, 19 septembre 1960.
Ce soir-là, l’Histoire ne se joue pas dans les salons feutrés de Manhattan. Elle descend à Harlem.

À quelques kilomètres des gratte-ciel et des grandes institutions américaines, un hôtel devient soudain le point de rencontre de deux colères, de deux combats et de deux hommes que tout semble pourtant séparer.

D’un côté, Fidel Castro, 34 ans, chef de la révolution cubaine victorieuse un an et demi plus tôt. De l’autre, Malcolm X, 35 ans, figure majeure de la Nation of Islam et l’une des voix les plus retentissantes du nationalisme noir américain.

Dans la nuit du 19 au 20 septembre 1960, les deux hommes se rencontrent au Hotel Theresa, au cœur de Harlem. Cette entrevue, rapportée par la presse de l’époque et depuis abondamment documentée, va devenir l’une des images les plus emblématiques de la guerre froide et des luttes anticoloniales et antiracistes de cette époque.

QUAND CASTRO QUITTE MANHATTAN POUR HARLEM

Fidel Castro n’était pas venu à New York pour faire du tourisme.

Il devait participer à la quinzième session de l’Assemblée générale des Nations unies. Mais son arrivée dans la capitale américaine tourne rapidement à l’affrontement symbolique.

La délégation cubaine séjourne d’abord au Shelburne Hotel, à Manhattan. Les relations avec l’établissement se dégradent et Castro décide finalement de quitter les lieux.

Il choisit alors une destination pour le moins spectaculaire : Harlem.

Le Hotel Theresa, situé sur la 125e Rue, était alors l’un des grands centres de la vie noire new-yorkaise. Le National Park Service le décrit comme le « Waldorf of Harlem », un établissement qui avait accueilli d'importantes personnalités politiques, culturelles et sportives afro-américaines ainsi que des dignitaires étrangers.

Le choix de Castro n'est donc pas anodin.

En pleine guerre froide, alors que les États-Unis se présentent comme le champion du monde libre, le dirigeant cubain installe sa délégation au cœur d’un quartier marqué par les discriminations raciales et la ségrégation qui subsiste encore dans une partie du pays.

Le message politique est puissant : Castro ne cherche plus seulement à parler à Washington. Il parle aussi à Harlem.

PUIS MALCOLM X FRAPPE À LA PORTE

La nuit tombe.

Et Malcolm X arrive.

Selon le récit rapporté à l’époque par le New York Citizen-Call, les premiers mots échangés sont restés célèbres.

Malcolm X lance notamment :

«« Downtown for you, it was ice; uptown it is warm. »»

En substance : « Au centre-ville, l’accueil était glacial pour vous ; ici, à Harlem, il fait chaud. »

Castro lui répond qu’ils se sentent effectivement bien accueillis.

La conversation s’oriente ensuite vers la propagande, les médias et la capacité des habitants de Harlem à comprendre leur propre réalité malgré les discours dominants.

Malcolm X résume alors, dans une formule devenue historique :

«« There are 20 million of us, and we always understand. »»

« Nous sommes 20 millions, et nous comprenons toujours. »

Ce n’est pas simplement une rencontre mondaine.

C’est le croisement de deux univers contestataires : la révolution cubaine et le nationalisme noir américain.

HARLEM DEVIENT, POUR QUELQUES JOURS, UNE CAPITALE DU MONDE

Le plus extraordinaire est peut-être ce qui se produit ensuite.

Le Hotel Theresa devient pendant quelques jours un véritable carrefour diplomatique.

Le 20 septembre 1960, Nikita Khrouchtchev, dirigeant soviétique, vient rencontrer Castro à Harlem. D’autres personnalités internationales, parmi lesquelles Gamal Abdel Nasser et Jawaharlal Nehru, se rendent également auprès du dirigeant cubain.

Un hôtel du Harlem noir devient ainsi l’un des lieux les plus observés de la planète.

La diplomatie internationale vient de quitter ses salons officiels pour descendre dans la rue.

Et le symbole est redoutable.

À quelques pas de là, les habitants d’un quartier noir longtemps marginalisé assistent à l’arrivée de dirigeants qui, normalement, auraient dû évoluer dans les espaces diplomatiques les plus prestigieux de Manhattan.

1960 : L’ANNÉE OÙ L’AFRIQUE CHANGE LE VISAGE DE L’ONU

La rencontre Castro-Malcolm X intervient également dans une année exceptionnelle pour le continent africain.

Le 20 septembre 1960, l’Assemblée générale des Nations unies admet 14 nouveaux États, dont 13 pays africains et Chypre : Cameroun, Togo, Madagascar, Somalie, Congo-Léopoldville, Dahomey, Niger, Haute-Volta, Côte d’Ivoire, Tchad, Congo-Brazzaville, Gabon et République centrafricaine, ainsi que Chypre.

Le Sénégal et le Mali seront admis quelques jours plus t**d, le 28 septembre 1960.

Le monde est en train de changer.

Les empires coloniaux reculent. De nouveaux États apparaissent. Les peuples autrefois dominés arrivent aux Nations unies avec leur propre voix.

1960 n’est pas seulement une année de décolonisation. C’est une année où l’équilibre politique du monde commence à se déplacer.

ET CASTRO VA FAIRE TREMBLER L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Six jours après sa rencontre avec Malcolm X, Fidel Castro monte à la tribune des Nations unies.

Le 26 septembre 1960, il parle.

Et il parle longtemps.

Très longtemps.

269 minutes, soit environ 4 heures et 29 minutes.

Les Nations unies confirment qu’il s’agit du plus long discours chronométré de l’histoire de l’Assemblée générale. Castro y attaque notamment l’impérialisme américain et l’ingérence des États-Unis en Amérique latine.

L’homme qui, quelques jours auparavant, avait trouvé refuge au cœur de Harlem transforme alors la tribune mondiale en caisse de résonance de la révolution cubaine.

DEUX HOMMES, DEUX DESTINS, UNE SEULE NUIT

Malcolm X et Fidel Castro ne se reverront jamais.

Malcolm X sera assassiné à New York le 21 février 1965.

Fidel Castro, lui, dirigera Cuba pendant plusieurs décennies avant de mourir à La Havane le 25 novembre 2016.

Entre les deux hommes, il n’y aura donc pas de longue histoire commune.

Seulement une rencontre.

Une nuit.

Une poignée de main.

Quelques photographies.

Mais parfois, l’Histoire n’a pas besoin de plusieurs années pour fabriquer une image qui traverse les générations.

Le 19 septembre 1960, à Harlem, le révolutionnaire cubain et le tribun noir américain se sont retrouvés dans la même pièce.

Et derrière eux, il y avait une Amérique divisée par la question raciale, une Afrique en pleine décolonisation, une Cuba devenue l’ennemie de Washington et une guerre froide qui transformait chaque geste politique en message adressé au monde.

Ce soir-là, le Hotel Theresa n’était plus seulement un hôtel.

Harlem était devenu une scène diplomatique mondiale.

Et la photographie de Fidel Castro face à Malcolm X allait immortaliser quelque chose de plus grand qu’une simple rencontre entre deux hommes :

le moment où deux luttes différentes se sont, l’espace d’une nuit, retrouvées face à face.

Photos from WorldMeet Mag's post 20/09/2026

BIAFRA : QUAND LE PÉTROLE, LA GÉOPOLITIQUE ET LA GUERRE ONT FAIT SAIGNER LE NIGERIA

Entre 1967 et 1970, le Nigeria a connu l'une des guerres les plus tragiques de l'Afrique postcoloniale.

Le Biafra proclame son indépendance le 30 mai 1967, sous la direction du colonel Odumegwu Ojukwu. Trois années de guerre vont suivre.

Et derrière les batailles, il y avait une réalité que l'on ne peut pas effacer : le pétrole, les intérêts économiques et les rivalités internationales ont compté dans le conflit.

Mais réduire la guerre du Biafra à un simple « complot pétrolier » serait également falsifier l'histoire.

La crise était déjà profonde : coups d'État en 1966, massacres et persécutions visant notamment les populations igbo dans le Nord, déplacements massifs, rivalités politiques et ethniques, effondrement de la confiance dans le pouvoir fédéral et, finalement, proclamation de la sécession biafraise.

Puis les puissances étrangères sont entrées dans le jeu.

La Grande-Bretagne soutenait le gouvernement fédéral nigérian, tandis que l'Union soviétique lui fournissait également des a***s. Les intérêts britanniques dans le pétrole nigérian, notamment ceux de Shell-BP, ont été étudiés comme un facteur important de la politique britannique pendant la guerre.

La France, elle, suivait une autre logique.

Des recherches historiques récentes montrent que Paris souhaitait affaiblir la structure fédérale nigériane et voyait aussi dans la crise une possibilité d'accroître l'influence française et d'obtenir une place plus importante dans les concessions pétrolières de l'Est du Nigeria. La France apporta clandestinement des a***s, des mu*****ns, de la formation et un soutien logistique au Biafra.

Et au milieu de cette bataille géopolitique, il y avait les populations.

Des familles déplacées. Des enfants affamés. Des malades privés de médicaments. Des villes détruites. Une population prise au piège entre la guerre, le blocus et la famine.

Les chiffres exacts des victimes restent débattus par les historiens. Il est donc préférable de parler de centaines de milliers à plusieurs millions de morts, plutôt que de présenter un chiffre unique comme une vérité incontestable.

Mais une chose ne fait aucun doute : la catastrophe humaine fut immense.

Et le monde entier ne pouvait plus prétendre ne pas savoir.

Les images d'enfants biafrais victimes de la famine ont bouleversé l'opinion internationale. Cette tragédie a aussi profondément marqué certains médecins français qui avaient travaillé sur le terrain.

En décembre 1971, quelques-uns d'entre eux, accompagnés de journalistes, fondèrent à Paris Médecins Sans Frontières. L'organisation reconnaît elle-même que sa création s'inscrit dans le contexte de la guerre et de la famine au Biafra.

Voilà le paradoxe terrible de cette histoire :

une guerre politique et géopolitique a contribué à faire naître l'une des plus grandes organisations humanitaires du monde.

Quant à Félix Houphouët-Boigny, son rôle ne peut pas être balayé d'un revers de main. Les recherches historiques montrent qu'il soutint activement la cause biafraise et qu'il sollicita l'aide française pour permettre au Biafra de poursuivre son combat. La Côte d'Ivoire finit par reconnaître officiellement le Biafra.

Mais là encore, l'histoire est plus complexe que les slogans.

Il ne s'agissait pas simplement d'un affrontement entre « bons Africains » et « méchants Occidentaux ».

Les dirigeants africains avaient leurs propres stratégies. Les puissances étrangères avaient leurs propres intérêts. Les compagnies pétrolières avaient leurs propres enjeux. Et les populations civiles ont payé le prix de ces calculs.

C'est peut-être cela, la véritable leçon du Biafra.

Quand un État est fragilisé par les divisions internes, les puissances extérieures disposent d'un terrain idéal pour poursuivre leurs propres intérêts.

Quand le pétrole, les ressources naturelles et les rivalités géopolitiques entrent dans l'équation, la souveraineté devient encore plus difficile à défendre.

Et quand les dirigeants cessent de regarder la population comme leur priorité, ce sont toujours les civils qui paient la facture.

Le Biafra ne doit donc pas être transformé en légende politique.

Il doit être étudié.

Document après document.

Archive après archive.

Témoignage après témoignage.

Parce que l'Afrique n'a pas besoin de mythes supplémentaires.

Elle a besoin de connaître son histoire.

Une histoire suffisamment solide pour distinguer les faits des propagandes.

Suffisamment honnête pour reconnaître les responsabilités africaines comme les responsabilités étrangères.

Et suffisamment lucide pour comprendre une vérité essentielle :

QUAND LES PUISSANCES S'AFFRONTENT POUR LES RESSOURCES, CE SONT SOUVENT LES PEUPLES QUI EN PAYENT LE PRIX.

Le Biafra est mort en 1970.

Mais les leçons de son histoire, elles, sont toujours vivantes.

20/09/2026

Bravo Soro Guillaume le Macbeth ivoirien (William Shakespeare)

Guillaume Soro est en train de briser le complexe que certains avaient de la rébellion. Chapeau !

C'est malheureux parce que c'est un peu celà qui constituait le petit trait d'union entre le vécu de la rébellion et la Côte d'Ivoire des victimes.

C'est par ce petit trait d'union que les nombreuses victimes, même s'il n'y a pas justice, pouvaient croire ''qu'au moins, ils ont honte ou ils regrettent ce qu'ils ont fait, à Dieu la justice''.

Ce petit trait d'union avait déjà été fragilisé par la guerre de 2011 avec l'emprisonnement d'un camp ( Gbagbo et plusieurs personnes de son camp) avec les nombreuses morts sans enquête, alors que tout ce qui est lié à la rébellion demeure libre et impuni, voire récompensé.

Ce petit trait d'union si fragile, est en train d'être détruit dans une nouvelle rébellion initiée et conduite cette fois-ci, de manière autonome, par le même Guillaume Soro, l'incarnation parfaite de Macbeth.

Il a sonné la rébellion contre le complexe du 19 septembre.
Et l'effet est là, comme escompté.
Depuis 2011, jamais on a vu autant d'affirmations ou d'exhibition de la fierté d'avoir eu la rébellion chez ces ivoiriens partisans de cette entreprise désastreuse.

Au moment où le 19 septembre devrait être une occasion pour les bourreaux impunis, de demeurer silencieux pendant que les victimes se consolent d'un souvenir douloureux, d'un témoignage, de ce que leur vie aurait été si la rébellion n'avait pas bouleversé les choses (parler c'est se soigner), Guillaume Soro vient de réussir une œuvre dont il n'imagine pas les conséquences. Car ça va continuer, l'année prochaine et ainsi de suite. Les uns parleront de leurs vécus malheureux, les autres leur balanceront, ''on est fier. Si. C'était à refaire, on le referait''. Toute subtilté mise à part, ça veut dire: "On a tué vos parents hier. Si c'est à refaire, on va encore les tuer".... et Dieu seul sait où celà amènera ce pays.

Au moment où l'oeil spirituel verrait la recherche de la catharsis chez ceux qui parlent de leur désarroi liés au 19 septembre, Soro et Co. ont fini par en faire une journée nationale d'antagonisme.

Sachons que les crimes impunis de la rébellion n'ont d'autre issue que de remuer eux-mêmes la terre et le limons des ossements cachés.

Cette impunité qui n'a pas été nettoyée de notre pays ouvrira elle-même les fausses et les tombes de ces âmes oubliées, en quête de justice et ces âmes arrachées brusquement et impunément à leurs familles, viendront trouver les ivoiriens autour de leur banquet d'insouciance et de négligence.

Faisons attention !

Unique Highlander Synzi

20/09/2026

JÉRÉMIE : LE SILENCE QUI INTERPELLE !

Que devient le prophète Jérémie ? Est-il toujours vivant ? Son état de santé s’est-il amélioré ? A-t-il recouvré la santé ?

Et surtout, une question demeure : les circonstances, la procédure et la méthode employées lors de son arrestation étaient-elles conformes à la loi ?

Dans le tourbillon des buzz, des polémiques et des arrestations de personnalités politiques, ne laissons pas l’affaire Jérémie sombrer dans l’oubli.

Une arrestation ne doit jamais faire disparaître les questions qu’elle soulève. La vérité, la transparence et le respect des droits doivent rester au-dessus de toute agitation médiatique.

Jérémie ne doit pas devenir le grand oublié de l’actualité. Tant que des interrogations subsistent, elles méritent des réponses.

Photos from WorldMeet Mag's post 19/09/2026

AES : LE TEMPS DE BATTRE SA PROPRE MONNAIE !

L’AES ne peut pas vouloir construire une souveraineté politique, économique et stratégique tout en laissant sa souveraineté monétaire à la porte.

À un moment donné, il faut avoir le courage d’aller jusqu’au bout de ses choix.

Une alliance qui veut décider par elle-même doit aussi pouvoir maîtriser les instruments qui financent ses décisions. La monnaie n’est pas simplement du papier, des pièces ou des chiffres sur un écran. Elle touche au commerce, au financement de l’économie, aux réserves, aux investissements et à la capacité d’un État à conduire certaines de ses politiques économiques.

L’esprit même de l’AES appelle donc à une réflexion sérieuse sur cette question : peut-on véritablement parler de souveraineté sans souveraineté monétaire ?

Mais battre sa propre monnaie ne doit surtout pas être un simple geste politique ou un symbole de rupture. Il faut une monnaie solide, crédible, stable et capable de protéger le pouvoir d’achat des populations. Il faut des institutions fortes, une discipline budgétaire, une production nationale capable de soutenir l’économie et une véritable stratégie de développement.

Car créer une monnaie est une chose.

La faire respecter et la rendre prospère en est une autre.

L’AES a donc devant elle un immense chantier : transformer la volonté de souveraineté en réalités économiques concrètes.

Que cette ambition soit portée avec courage, mais surtout avec vision, compétence et responsabilité.

L’Afrique ne doit pas avoir peur de penser grand. Elle doit simplement apprendre à construire solide.

Le véritable défi n’est pas seulement de battre une nouvelle monnaie.

Le véritable défi, c’est de bâtir une économie suffisamment forte pour que cette monnaie ait de la valeur.

19/09/2026

RÉBELLION DE SEPTEMBRE 2002 : QUE SONT DEVENUS LES " HÉROS " DE L'ODYSSÉE REBELLE ?

Par Nazaire KADIA

Il y a vingt quatre(24) ans, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, une horde d’individus, logés, nourris et blanchis au Burkina Faso, a fondu sur la Côte d’Ivoire pour porter le glaive, dans le sein de la mère-patrie. La tentative du coup d’état qu’ils étaient venus perpétrer a échoué, et s’est muée en une rébellion, ayant entraîné la partition du pays.

Les motifs évoqués pour expliquer cette violence sans nom portée aux ivoiriens sont nombreux.
Il s’agit entre autres de :

- L’absence de démocratie en Côte d’Ivoire
- La marginalisation du septentrion ivoirien dans le processus de développement par tous les gouvernements successifs
- Le délit de patronyme
- La non-tolérance du boubou
- la traque des nordistes
- Etc.

La rébellion sans visage aux premières heures, a mis le nord du pays en coupe-réglée, contribuant ainsi à exacerber des clivages qui n’existaient pas auparavant entre les différentes populations.

Mais les motifs évoqués pour expliquer cette rébellion, ne sont que des arguties développées a postériori, pour masquer l’objectif réel, qui était de chasser le président Laurent Gbagbo du pouvoir et d’installer un homme, Alassane Ouattara au pouvoir (cf le meeting de Koné Zakaria à Bouaké).

VINGT QUATRE(24) ANS APRÈS CETTE ODYSSÉE, QUEL BILAN PEUT-ON ÉTABLIR ?

- La Côte d’Ivoire est-elle devenue plus démocratique qu’elle ne l’était en 2002 ?
- Le nord du pays pour lequel les a***s ont été prises, est-il plus développé que le reste du pays ?
- Les populations du nord, ont-elles désormais un niveau de vie plus élevé que partout ailleurs dans le pays ?
- L’interdiction qui frappait le port du boubou a-t-elle été levée?
- Le boubou est-il devenu l'habit national des Ivoiriens ?
- Les ressortissants du nord qui étaient traqués au sud, ont-ils tous quitté villes, villages et hameaux de cette zone pour s’installer dans le septentrion, leur région d’origine ?
- Que sont devenus les héros militaires et civils de cette ténébreuse aventure ?

Si à l’heure actuelle, aucune étude disponible, ne permet de répondre à certaines de ces questions, on peut par empirisme tenter de donner des éléments de réponses quant à la trajectoire prise par les « héros » militaires et civils qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire.

Les militaires qui se sont mis en avant-poste de cette aventure, ont connu des fortunes diverses. Ainsi, Ibrahim Coulibaly dit IB, considéré comme le cerveau militaire de la rébellion et Issiaka Ouattara alias Wattao, sont passés de vie à trépas.
Le premier a été tué au plus fort de la crise postélectorale de 2011, dans des conditions non encore élucidées.

CAS DU TONITRUANT ADJUDANT ANTOINE BEUGRÉ ALIAS ALAIN LOBOGNON

Le second est mort sur son lit d’hôpital aux Etats-Unis, rongé par un mal pernicieux dont on ne connait pas l’origine. Ces deux n’ont pas eu le privilège de j***r des délices que confère le sillage du pouvoir qu’ils ont eu à installer.
Un autre militaire, Kouakou Fofié, le puissant com'zone de Korhogo, épinglé par l'Onu pour des violations des droits de l’homme, a gravi les échelons pour devenir colonel-major. Il vient lui aussi de passer de vie à trépas. Certainement que son âme est actuellement en violent débat contradictoire avec les âmes des étouffés des conteneurs de Korhogo...
D’autres militaires en revanche, sont au sommet de leur gloire, amassant galons sur galons à une vitesse vertigineuse, pour devenir des officiers supérieurs de l’armée ivoirienne, eux, des militaires de rang ou des sous-officiers comme Chérif Ousmane ou Koné Zakaria.

D’autres encore, à la limite de l’illettrisme et au verbe incertain, trônent au sommet de l’administration ivoirienne, en tant que préfets de région, sans diplôme universitaire, et sans avoir mis pied à l’Ena !
Les civils incorporés à cette rébellion, ont tout aussi connu des fortunes diverses, où grandeur et décadence cheminent allègrement.
Ainsi le tonitruant Adjudant Antoine Beugré alias Alain Lobognon, à qui Rfi tendait abusivement son micro, qui fut ministre des Sports, député et maire de Fresco, est aujourd’hui l’ombre de lui-même, s’adonnant à des « techniques d’approche » pour gagner la clémence et la pitié du Rhdp.

SORO GUILLAUME, UN « WANTED » QU’ON VEUT VOIR DISPARAÎTRE

Celui qui avait déclaré après l’arrestation de Mme Simone Gbagbo, que l’Esprit Saint recherché, avait fui, a goûté aux délices de l’univers carcéral du Rhdp. À sa sortie de prison, ironie du sort, il ne s’est pas gêné pour remercier l’Esprit Saint !
Quant à Soro Guillaume, étudiant désargenté qui avait revendiqué la paternité de la rébellion, il connut aussi son heure de gloire avant de connaître une chute vertigineuse.

Premier ministre, ministre de la Défense, puis président de l’Assemblée nationale, il fut obligé de libérer « le tabouret ».
On se souvient de lui, « piaillant et susurrant et plastronnant », déversant et distillant des mensonges sur le gouvernement du président Laurent Gbagbo en place, sur les chaînes de télévisions étrangères.

Aujourd’hui, réduit à sa plus simple expression, l’homme erre comme un sans-domicile fixe en Europe et en Afrique, abandonné par nombre de ses partisans : Soro Kanigui, Alain Lobognon, Soro Alphonse et autres Sékongo Félicien.
Tous sont allés à Canossa pour réintégrer la case ronde. Comme si cela ne suffisait pas, jugé et condamné par la justice ivoirienne, l’homme ne peut rentrer au pays.
De son statut de héros et de sauveur de la République, Soro Guillaume est désormais un « wanted » qu’on veut voir disparaître.

Ainsi venait de s’accomplir la prophétie du président Laurent Gbagbo :
« …vous me combattez pour quelqu’un que vous ne connaissez pas…vous êtes sur le mauvais chemin…les plus chanceux d’entre vous seront jetés en prison, et les plus malchanceux seront tués ou en exil… ».

Tous ces hommes ont donné une trajectoire nouvelle à la Côte d’Ivoire, et tous, nous boirons aujourd’hui le calice jusqu’à la lie.
Ainsi va le pays.
Mais arrive le jour où l’ivraie sera séparée du vrai.

Nb: texte revisité...dans notre environnement, la répétition est une vertu...

NAZAIRE KADIA
Conseiller Psychologue.

19/09/2026

24 ANS APRÈS : QUAND LA GUERRE DEVIENT UN COLLOQUE

19 septembre 2002 – 19 septembre 2026.
Vingt-quatre ans déjà.

Il y a 24 ans, la Côte d’Ivoire basculait dans une rébellion armée qui allait durablement déchirer le pays. Abidjan était attaquée. Des responsables de l’État, dont le ministre de l’Intérieur Émile Boga Doudou, ainsi que plusieurs militaires, étaient tués dans les premières heures du soulèvement.

S’en suivront des années de combats, de déplacements, de violences et de fractures profondes, laissant derrière elles une Côte d’Ivoire profondément marquée.

Et aujourd’hui, 24 ans plus t**d, certains protagonistes de cette page sombre de notre histoire s’apprêtent à revenir sur cette période à travers des colloques et des témoignages.

Pourquoi pas ?

Mais une question demeure : comment parler d’une rébellion sans parler de ceux qui en ont payé le prix ?

Comment raconter les stratégies, les opérations et les combats sans rappeler les victimes, les familles endeuillées et les cicatrices laissées dans la mémoire collective ?

L’Histoire n’est pas seulement celle des vainqueurs, des chefs et des stratèges. Elle appartient aussi aux victimes.

Alors, en ce 19 septembre, souvenons-nous.

Pas pour raviver les haines.
Pas pour réécrire l’Histoire.
Mais pour que la mémoire des morts ne soit jamais éclipsée par le récit de ceux qui ont tenu les a***s.

24 ans après, la Côte d’Ivoire mérite surtout une chose : que toute la vérité de son histoire puisse être racontée.

Photos from WorldMeet Mag's post 19/09/2026

Reine Boga Doudou, fille ainée du ministre feu Émile Boga Doudou raconte le 19 septembre 2002

"Nous étions au 18 septembre 2002. J'avais 11 ans à cette époque. Et ce jour là, je jouais au huit américain avec les gardes à la guérite. Cependant nous avions remarqué quelque chose d'étrange. Il y avait un b***et de taxis compteurs qui stationnaient devant le domicile du voisin avec à bord plusieurs individus. On aurait cru qu'il y avait une fête qui se préparait chez notre voisin. C'était un peu curieux mais nous avons continué de jouer à notre jeu sans que les gardes ne fouillent ces véhicules pour en savoir davantage.[...]

Ce même 18 septembre, mon père revenait d'une mission à Paris et je suis allée l'accueillir à l'aéroport. Dans la voiture, je sentais que mon père était anxieux et je pouvais lire l'inquiétude dans son regard. Il n'était pas de bonne humeur comme à son habitude, alors je l'ai laissé tranquille pendant qu'il parlait au téléphone avec des personnes.[...]

Une fois à la maison, mon père a reçu la visite de plusieurs personnes avec qui il a longuement parlé. C'est aux environs de 1h du matin que papa est entré dans ma chambre pour me faire la bise et me souhaiter une bonne nuit. Je me suis alors couchée. À 2h30 du matin, mon père rentre dans ma chambre et me réveille subitement. Il me dit : "Reine, ils sont en train de tirer sur la maison. Il faut qu'on parte d'ici." Alors, mon père, moi, ma mère, mes deux petites sœurs et mon petit oncle, montons à bord de la voiture. Mon père essaie de démarrer mais la voiture refuse de démarrer. À cet instant, une b***e vient pour briser la vitre de la voiture. Mon père et nous, descendons du véhicule et il me dit : "Reine, va te cacher avec ta mère et tes sœurs." Je lui dit : "papa pourquoi je dois me séparer de toi ? Mon père me répond que si je refuse d'aller avec ma mère, ce qui va se passer, ne sera pas bon.

Je refuse de partir avec ma mère, alors pour la première fois, mon père s'est fâché et m'a crié dessus. Nous sommes allés nous cacher dans une pièce vers la piscine et mon père et mon petit oncle se sont dirigés vers le séchoir qui donnait sur la résidence du voisin.

À ce moment, les tirs étaient beaucoup plus forts, alors mon oncle a propulsé mon père dans la cour du voisin pour le cacher mais dès que mon père y est tombé, il a été accueilli par des tirs qui l'ont assassiné.

Nous sommes restés dans notre cachette jusqu'à 9h du matin le 19 septembre et l'armée est venue nous chercher dans un char pour nous conduire à la présidence. Une semaine plus t**d, nous sommes allés en France. C'est arrivés en France que nous avons réalisé que nous avions perdu notre père."

Interview réalisée en 2025 par Guillaume Vergès

Chryst Akacou
Activiste de gauche

19/09/2026

🇫🇷 FRANCE, PRÉSIDENTIELLE 2027 : PREMIER TOUR, LE RAPPORT DE FORCES QUI FAIT DÉJÀ TREMBLER L’ÉCHIQUIER POLITIQUE

Telephone

Website

Address


Kosti